L'industrie touristique est l'une des plus florissantes du début du XXI siècle ; elle a même dépassé, selon le Conseil mondial du tourisme et des voyages, celles de l'automobile, de l'acier, de l'électronique et de l'agriculture. En 1999, près de 200 millions de personnes travaillaient dans cette industrie ; 13 à 19 millions d'entre eux avaient moins de 18 ans. L'industrie sert plus d'un demi-milliard de touristes chaque année et dans vingt ans, ce nombre aura quasiment triplé pour atteindre 1,6 milliard. Au milieu des années 90, cette entreprise a généré une force économique annuelle évaluée entre 2 et 3,5 trillions $US.
De nombreux pays considèrent le tourisme comme une solution simple et rapide pour surmonter leurs difficultés économiques et choisissent d'exploiter et de promouvoir leurs ressources naturelles afin d'attirer davantage de touristes dans ce marché très concurrentiel. Cette nouvelle situation pose plusieurs défis d'ordre éthique, notamment au niveau de la destruction de l'environnement, de la pollution, de l'épuisement des ressources naturelles, de l'impérialisme économique et de l'exploitation sexuelle.
Par exemple, la portée économique du tourisme peut sembler à priori avantageuse. Le tourisme crée des emplois, stimule les industries et permet de diversifier l'économie. Il entraîne également une amélioration des infrastructures en place : l'adduction d'eau, l'électricité, le traitement des déchets, de meilleures routes, un meilleur système de communication, (…) qui bénéficient aux populations en place. Mais le pays doit lui-même supporter directement le coût de ces infrastructures. Or, l'industrie touristique génère des tonnes de déchets chaque année. Selon le Programme des Nations Unies pour l'environnement un seul bateau de croisière produit 70 000 tonnes de déchets annuellement.
Les conséquences à long terme peuvent être désastreuses pour l'environnement. Douches, piscines et arrosage des pelouses constituent un véritable pillage des réserves aquatiques. Malheureusement, les touristes ignorent bien souvent que les populations manquent d'eau pour leur usage personnel et l'irrigation de leurs cultures ou ne sont pas sensibilisés à la situation du pays qu'ils visitent. Par exemple, dans des régions touchées par la sécheresse, des touristes vont jusqu'à prendre trois douches quotidiennes. En fait, un touriste utiliserait en moyenne 7 à 10 fois plus d'eau qu'un paysan sous les tropiques pour arroser ses champs et nourrir sa famille. Ce chiffre grimpe à 16 fois plus lorsqu'il s'agit d'un client d'hôtel de luxe avec terrain de golf. Cet usage intensif de l'eau douce peut mettre en danger les cultures et les populations locales. Selon l'Organisation Internationale du Travail (source : magazine juin 2001) l'implantation artificielle de parcours de golf a notamment eu des conséquences désastreuses pour les populations locales (pénurie d'eau, expropriation des petits paysans, déforestation…) dans plusieurs pays (Philippines, Indonésie, etc.) Enfin, l'invasion chaotique des constructions hôtelières a souvent modifié l'équilibre naturel et l'érosion du littoral a atteint un stade critique dans de nombreux pays. (Tunisie, Inde, Philippines, etc.).