Reportages sur le Mozambique
Réalisés dans le cadre du PID de l’ACDI

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Guerre civile

Le FRELIMO engage le Mozambique dans une révolution sociale et politique radicale, inspirée par les modèles soviétique et cubain : réformes agraires, nationalisation de l'enseignement, de la médecine et des immeubles, instauration d'un contrôle ouvrier dans la production, établissement de communes populaires. Malheureusement, le programme socialiste mis en place par le FRELIMO semblait irréaliste et n'a pas su apporter les fruits espérés.

Durant la guerre froide*, le Mozambique devient un champ de bataille important dans le conflit qui oppose le socialisme de l'URSS au capitalisme des États-Unis et de l'Afrique du Sud. Ce conflit provoque une guerre civile qui dévaste le pays de 1977 à 1992. La détermination du Mozambique à s'opposer à la ségrégation, sa lutte contre l'apartheid sud-africain et contre le régime rhodésien* de Ian Smith servent d'arguments pour alimenter la guerre qui déchire cruellement le pays durant plus de quinze ans.

C'est dans ce contexte qu'entre en scène la RENAMO (Résistance nationale du Mozambique), établie au milieu des années 1970 par la Rhodésie et appuyée par l'armée sud-africaine. Cette rébellion de la RENAMO se nourrit des grandes maladresses du programme socialiste du FRELIMO, et étend l'insécurité à la quasi-totalité du pays.

En 1980, la guerre contre-révolutionnaire de la RENAMO commence à ébranler les campagnes. Par la terreur, mais aussi en s'appuyant sur une partie de la population rurale des provinces du Centre (le FRELIMO semblait incapable de susciter l'adhésion des populations rurales traditionnelles), la RENAMO réussit à contrôler une large part du pays et tout en épuisant le Mozambique dans une guerre aux cruautés innombrables.

L'insécurité dans le pays augmente et, en 1983, le pays est au bord de la faillite. En 1985, 42 % du budget est consacré à la guerre. Désorganisation du commerce, sécheresses et inondations multiplient les famines. Cette guerre, une des plus cruelles qu'a connu l'Afrique noire, fait plus d'un million de victimes. Elle entraîne l'exode de 1.700.000 réfugiés à l'étranger et le déplacement, à l'intérieur du pays, de plus de quatre millions de personnes. Le conflit provoque une dramatique régression économique et sociale : les infrastructures du pays sont détruites et la production paralysée. Environ 200.000 enfants deviennent orphelins ou sont abandonnés, la mortalité infantile s'élève à 250 pour mille et un tiers de la population est dans le besoin d'une aide humanitaire d'urgence. On compte plus de 10.000 victimes des mines anti-personnelles dispersées dans une grande partie du territoire.

En dépit de l'armistice signé en 1984, l'Afrique du Sud continue de soutenir le RENAMO jusqu'en 1990.

En 1986, au plus fort de la tension, au cours des premières phases d'une négociation avec l'Afrique du Sud, l'avion qui transporte le président mozambicain et ses proches collaborateurs s'écrase de manière inexpliquée. Après le décès de Samora Machel, Joaquim Chissano devient président de la République et le Mozambique entra dans une nouvelle phase de son histoire.

Vers la fin de la guerre et la reconstruction du pays

Entre les années 1980 et 1990, les rapports géopolitiques mondiaux sont bouleversés. Des événements majeurs comme :
— l'indépendance du Zimbabwe en 1980 (Rhodésie du Sud);
— l'abolition du régime d'apartheid en Afrique du Sud;
— la chute du mur de Berlin en 1989 et
— l'éclatement de l'Union soviétique en 1991
rendent le terrain propice à des négociations pour la paix.

Dans ce contexte, le FRELIMO abandonne sa doctrine marxiste et accepte une libéralisation économique et politique du pays.

Les conditions pour des négociations menant à la résolution des conflits "d'après-guerre froide" sont réunies et aboutissent à un cessez-le-feu et au traité de Rome en 1992 qui mit fin à 17 ans de guerre civile. Le Mozambique, sorti de la guerre en 1993, ravagé et ruiné, accusant des indices de pauvreté parmi les plus élevés du monde, mit plusieurs années à se relever.

Cet accord marqua un changement de régime de la République du Mozambique. L'instauration d'une démocratie pluripartite, la libéralisation de la vie économique ainsi que l'intégration du Mozambique dans le marché mondial en furent les principales conditions et conséquences. La RENAMO devient dès 1992 un parti légalement reconnu.

Les premières élections pluripartites se déroulèrent, sous le regard vigilant de la communauté internationale, en 1994 au terme duquel la population réitéra sa confiance au FRELIMO (44,3 % des sièges) mais où la RENAMO (33,8 % des sièges) confirma sa forte implantation dans diverses provinces (Manica, Nampula, Sofala, Zambezia et Tete).

La paix rétablie, le gouvernement a pu s'attacher à la consolidation de la stabilité et de l'unité nationale, à la réduction de la pauvreté et au développement économique sur une base libérale. Cette politique permit une relance économique et une baisse considérable du taux d'inflation, sans pouvoir cependant réduire les disparités de revenu (disparité cependant compensée par une importante économie informelle) et, malheureusement, sans éliminer la corruption.

Mais désir de paix est tel que la reconstruction du pays paraît bien amorcée.

Un gros merci aux Amis du Mozambique qui nous a permis d'utiliser les textes qui se trouvent sur leur site Internet (www.amigos-de-mocambique.org). Nous nous en sommes inspirés pour une partie de rédaction de cette page d'histoire. Le site est hautement recommandé.

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