Reportages sur le Mozambique
Réalisés dans le cadre du PID de l’ACDI

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Le sida au Mozambique: un survol

Au Mozambique, la réalité du VIH-sida est particulièrement effrayante. La prévalence nationale élevée, le manque cruel de médecins, le système de santé vacillant et la pauvreté criante non seulement se dressent comme des obstacles de taille dans la lutte contre le sida mais exacerbent la situation, rendant le terrain plus propice à la propagation du virus. Le Mozambique fait partie des dix pays les plus affectés au niveau mondial et des cinq pays les plus pauvres de la planète : un cocktail dangereusement explosif qui le rend particulièrement vulnérable. Le sida est dévastateur et la population en ressent quotidiennement les effets mortifères. Selon le Conseil national contre le sida, une agence gouvernementale mozambicaine, près de sept cents personnes sont infectées quotidiennement et 16% de la population âgée de 15 à 49 ans est porteuse du virus.

En effectuant ce reportage, nous avons rencontré beaucoup d’hommes, femmes et enfants atteints du VIH/sida. En se plongeant dans cette terrible réalité, il y a des mots dont nous avons commencé à mesurer tout le poids : solitude, frayeur, malaise, rejet, douleur, résignation contenue, silence, injustice, souffrance et deuil. Mais, chemin faisant, nous avons aussi découvert le vrai sens des mots courage, dignité, amour, compassion, foi, espoir et avenir. Nous avons ainsi rencontré plusieurs personnes qui luttent vaillamment, qui tentent de briser le silence. Trop longtemps, les tabous et la honte ont fait taire les gens. De plus en plus, des témoignages sortent de l’ombre et se répandent dans les rues. Grâce aux efforts des individus et des organisations qui luttent contre le sida et grâce aux possibilités de traitement, qui permettent aux patients de mener une vie normale (reprise de poids significative, moins de maladies opportunistes*, plus de 90% de décès en moins, possibilités de reprendre le travail, etc.) les messages de prévention sont mieux entendus parce que les personnes ne sont plus dans un contexte de fatalité : l’espoir peut briller à nouveau.

Même si beaucoup de chemin reste à parcourir, les gens viennent plus facilement se faire dépister et la stigmatisation s’amoindrit. Bien sûr, des préjugés, des mythes ou de l’ignorance subsiste. Là-bas comme ici. Mais lorsque les caméras du monde ne sont braquées que sur cette partie de la réalité africaine, sombre starlette de notre actualité, évacuant des reportages ces hommes et ces femmes qui se sentent tout à fait concernés par le sida, qui discutent de sexualité sans peur et fausse pudeur, qui soulèvent des questions pertinentes et intelligentes, qui prennent part active à la lutte contre le sida en convaincant leurs amis, leurs proches ou même des inconnus d’aller se faire tester volontairement, cela n’est-il pas sans renforcer l’afro-pessimisme et le sentiment de paralysie devant l’ampleur du problème ? Oui, l’ampleur des ravages du sida sidère. Mais des changements sont possibles. Pour cela, nous devons nous aussi prendre part activement au combat. Trop souvent, on trace une ligne de démarcation : il y a eux et il y a nous. Mais le sida est une affaire de tous.

 

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